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Le Marché ce matin·dimanche 11 octobre 2026édition du week-end

Le marché croit la Fed contre le pétrole, et une Bourse sans couverture porte le prix de cette confiance

Les taux longs américains montent par le taux réel et non par l'inflation attendue : le marché parie que la Fed contiendra le pétrole. Ce prix de l'argent trie les emprunteurs fragiles, et Paris paie en plus sa propre prime budgétaire. Le risque est un réveil de l'inflation attendue mercredi, alors que les obligations ne couvrent plus les actions.
horizon · 1 à 3 mois, premier verdict avec l'inflation américaine du mercredi 14 octobre, 14h30 (Paris)conviction · ●●●○○

Lecture établie à partir de 8 738 séries de tous les onglets du site et de 46 séries de référence vérifiées à jour, fouillées par quatre desks (taux-crédit-change, actions, matières et économie réelle, crypto), confrontées à 22 tests historiques, puis relues par un critique · données relevées le 11/10 à 16h00

La lecture du jour

Je lis la semaine comme deux factures du même argent cher, réglées par deux payeurs différents. À Washington, la Fed répond au pétrole avec la seule arme dont elle dispose, le prix de l'argent, et le marché la croit. En un mois, le 10 ans prend +0,42 pt et le taux réel, celui des obligations indexées sur l'inflation (TIPS), +0,44 pt, à son plus haut depuis 2008. L'inflation anticipée, qui est l'écart entre les deux, reste donc autour de 2,35 pt. Le pétrole passe bien dans les taux : la corrélation entre le Brent et le 10 ans est au centile 98 de son histoire. Cette mesure porte sur le taux nominal, mais comme nominal et réel ont bougé ensemble sur le mois, je l'attribue au taux réel.

Ce taux réel trie selon le levier et les échéances. Les émetteurs CCC, très endettés et proches de leurs remboursements, refinancent au prix du jour : leur prime atteint 12,52 pt, un record pour une série qui commence en 2023. La prime BBB, elle, reste au centile 35,9. Les géants de la cote échappent au coût de l'emprunt, mais pas au taux d'actualisation : la corrélation entre actions et taux est au centile 1, et leurs fournisseurs asiatiques ont perdu autour de 13 % en sept jours, au moment où Oracle investit déjà 105 % de son chiffre d'affaires. À Paris, la facture est budgétaire. L'État refinance à 4,87 % une dette qui lui coûte 1,74 % en moyenne, et son écart au Bund atteint 138 pb alors que le Bund ne bouge pas.

Le test qui compte porte sur les actions. Chaque fois que le taux réel a touché un plus haut sur un an, le S&P 500 a fait en médiane −0,70 % à trois mois, contre +3,58 % un jour quelconque (p = 0,0007). La condition nominale est plus rare et plus sévère : avec un 10 ans au-dessus de 5 %, l'indice a fait −7,25 % à six mois, contre +5,47 %. Les deux conditions sont réunies aujourd'hui, et les obligations longues évoluent avec les actions (+0,37, centile 98).

Ce qui résiste à cette lecture : l'inflation sous-jacente de septembre est attendue sage, à 0,2 % sur un mois. À six mois, l'indice est resté positif dans 71 % des cas après un taux réel au sommet, et les épisodes à 5 % sont des fins de cycle. Enfin, l'Italie a suivi la France sur le mois (+27,3 pb) mais reste au centile 22,8, loin d'une fragmentation de la zone euro.

L'angle mortLe consensus lit un point mort immobile comme la preuve que la Fed a déjà gagné ; je vois le risque inverse. Si l'inflation de mercredi dépasse les 3,6 % attendus sur un an, la hausse des taux passerait par l'inflation anticipée, et les obligations longues ne protègent pas contre elle. Le marché assure pourtant le krach (SKEW, le prix des protections extrêmes, au centile 94,8) et pas la correction ordinaire : la volatilité attendue à neuf jours est au centile 4,4, et les gérants d'actifs n'ont jamais autant vendu de VIX (centile 0,3, au 6 octobre).

Ce qui ferait tomber cette lectureSi le S&P 500 équipondéré dépasse son plus haut du 14 août (222,77 $), cela voudra dire que la cote large absorbe le prix de l'argent, et ma lecture d'une facture qui doit passer par la Bourse tombera. Cet événement est aussi le déclencheur du scénario qui me contredit.

Comment tout se tientla chaîne de transmission du jour : chaque flèche est un mécanisme, chaque boîte un marché
MATIÈRES PREMIÈRESPétrole Brent104,72 $TAUX ET DETTESTaux réel 10 ans2,87 %CRÉDITPrime CCC US12,52 ptACTIONSS&P 5007 811 ptsACTIONSSemi-conducteurs AsieARM −13,4 % 7 jÉCONOMIE RÉELLEConsommation US646 Md$ aoûtTAUX ET DETTESCoût marginal France4,87 %TAUX ET DETTESÉcart France-Bund138 pbACTIONSCAC 40−6,4 % 3 mois12345678910
MATIÈRES PREMIÈRESPétrole Brent104,72 $TAUX ET DETTESTaux réel 10 ans2,87 %CRÉDITPrime CCC US12,52 ptACTIONSS&P 5007 811 ptsACTIONSSemi-conducteurs AsieARM −13,4 % 7 jÉCONOMIE RÉELLEConsommation US646 Md$ aoûtTAUX ET DETTESCoût marginal France4,87 %TAUX ET DETTESÉcart France-Bund138 pbACTIONSCAC 40−6,4 % 3 mois12345678910
  1. 1Pétrole Brent → Taux réel 10 ans : Fed qui relève ses taux face à l'essence
  2. 2Taux réel 10 ans → Prime CCC US : refinancement hors de prix pour les endettés
  3. 3Taux réel 10 ans → S&P 500 : actualisation plus chère, sans couverture obligataire
  4. 4S&P 500 → Semi-conducteurs Asie : capex IA devenu chiffre d'affaires asiatique
  5. 5S&P 500 → Consommation US : effet richesse des ménages actionnaires
  6. 6Consommation US → Taux réel 10 ans : demande solide, aucune baisse de taux
  7. 7Pétrole Brent → Consommation US : essence et gazole amputent le revenu
  8. 8Coût marginal France → Écart France-Bund : chaque refinancement coûte plus que la moyenne
  9. 9Écart France-Bund → CAC 40 : coût du capital français renchéri
  10. 10Pétrole Brent → CAC 40 : taxe pétrolière sur un importateur

Liseré orange = marché sous tension · vert = en détente · gris = neutre. L'épaisseur d'une flèche dit la force du lien. Les chiffres et leurs sources sont dans la lecture et dans chaque marché ci-dessous.

Marché par marchéchaque marché expliqué, et rattaché à la lecture du jour
%Taux et dettessous tension●●●●○

Le prix réel de l'argent monte à Washington, la prime de Paris vient de son déficit

Taux 10 ans américain (%)34565,22Taux réel 10 ans américain, obligations indexées (1,52,02,53,02,87oct. 2024oct. 2025oct. 2026
Taux 10 ans américain (%)34565,22Taux réel 10 ans américain, obligations indexées (1,52,02,53,02,87oct. 2024oct. 2025oct. 2026

Taux 10 ans américain : dernier point le 8 oct. 2026 · Taux réel 10 ans américain (TIPS) : dernier point le 8 oct. 2026

La hausse américaine est une hausse du prix réel de l'argent. Le marché paie d'avance le chemin de la Fed, +62,5 pb de hausses cumulées d'ici avril 2027, et non une inflation durable : le taux réel, à 2,87 %, a pris autant que le nominal, et l'inflation anticipée reste autour de 2,35 pt. En zone euro, le mécanisme est différent. Le Bund ne bouge pas (+0,01 pt en un mois) et la prime frappe les pays du cœur à gros déficit : la France est à 138 pb, la Belgique au même extrême de dix ans, quand l'Espagne reste au centile 16,4. Ce qui résiste : l'Italie a pris +27,3 pb en un mois, la contagion n'est pas nulle.

Lien avec la lecture du jourLe taux réel est le canal par lequel la Fed répond au pétrole ; l'écart français est la seconde facture, budgétaire et autonome.

À surveillerMercredi, un 10 ans qui monterait plus vite que le taux réel (inflation anticipée qui se réveille) ; en Europe, un écart Italie-Bund au-dessus de 150 pb.

◆Créditsous tension●●●●○

Le taux réel ferme la porte aux émetteurs endettés et pressés, pas aux signatures solides

Prime CCC US (OAS, pt)6810121412,52Prime BBB US (OAS, pt)0,81,01,21,51,81,02oct. 2024oct. 2025oct. 2026
Prime CCC US (OAS, pt)6810121412,52Prime BBB US (OAS, pt)0,81,01,21,51,81,02oct. 2024oct. 2025oct. 2026

Prime de risque des obligations CCC américaines (OAS) : dernier point le 8 oct. 2026 · Prime de risque des obligations BBB américaines (OAS) : dernier point le 8 oct. 2026

Le tri se fait par le levier et les échéances. Un émetteur CCC, très endetté et proche de ses remboursements, doit refinancer au taux du jour. Sa prime, c'est-à-dire le rendement payé au-dessus de l'État (OAS), atteint 12,52 pt, un record depuis le début de la série en 2023, après +1,96 pt en un mois. Les émetteurs BBB gardent l'accès au marché et une demande intacte pour leur rendement : leur prime reste à 1,02 pt, au centile 35,9. Les deux segments se décrochent, leur corrélation tombe au centile 25, et les défauts d'août s'éloignent de la baisse que Moody's prévoit pour décembre. Ce qui résiste : la prime moyenne du haut rendement, à 3,15 pt, reste banale.

Lien avec la lecture du jourLe crédit montre qui paie le taux réel en premier : les emprunteurs qui doivent refinancer vite et cher.

À surveillerPrime BBB au-dessus de 1,3 pt : le tri deviendrait un stress du crédit noté investissement.

⇄Changeneutre●●●○○

Le dollar suit le chemin de la Fed, pas le taux réel, et l'euro a déjà payé la prime française

EUR/USD (variations) × Écart France – Allemagne 10 ans (variations, pb−1,0−0,50,00,51,02017202020232026−0,15bougent ensemble ↑en sens contraire ↓
EUR/USD (variations) × Écart France – Allemagne 10 ans (variations, pb−1,0−0,50,00,51,02017202020232026−0,15bougent ensemble ↑en sens contraire ↓

Euro en dollars (EUR/USD) : dernier point le 9 oct. 2026 · Écart France – Allemagne à 10 ans : dernier point le 9 oct. 2026 · zone grisée : 90 % de l'histoire de la relation

Le dollar monte parce que les hausses de la Fed élargissent l'écart de rendement en sa faveur. L'indice du dollar contre six devises (DXY) gagne 3,5 % en un mois, avec une corrélation au 10 ans au centile 61, tout à fait normale, et les futures jugent une hausse en décembre la plus probable (69 %). Le taux réel, lui, n'apporte rien au dollar : après ses plus hauts annuels, le test ne se distingue pas du hasard (p = 0,55 à un mois). Pour l'euro, l'histoire nuance la prime française : après les 14 chocs où l'écart a pris au moins 30 pb en un mois, il a gagné 1,43 % en médiane le mois suivant (p = 0,072, un résultat fragile). Le dollar fort pèse surtout sur les émergents fragiles, comme la roupie indienne.

Lien avec la lecture du jourLe change transmet le chemin de la Fed et non le taux réel : c'est la seule branche où mon maillon principal ne joue pas.

À surveillerEUR/USD sous 1,10 $ : la prime française deviendrait une fuite durable hors de l'euro.

▲Actionssous tension●●●○○

Les géants échappent au coût d'emprunt mais pas au taux d'actualisation, et l'Asie en montre la limite

S&P 500 pondéré par les capitalisations (pts)4 0005 0006 0007 0008 0007 812S&P 500 équipondéré, ETF RSP ($)150175200225213,0juin 2025févr. 2026oct. 2026
S&P 500 pondéré par les capitalisations (pts)4 0005 0006 0007 0008 0007 812S&P 500 équipondéré, ETF RSP ($)150175200225213,0juin 2025févr. 2026oct. 2026

S&P 500 : dernier point le 9 oct. 2026 · S&P 500 équipondéré (RSP) : dernier point le 9 oct. 2026

Le S&P 500 bat son record sur quelques épaules : les sept plus grosses valeurs pèsent 38,3 % de l'indice, et l'indice où chaque société pèse autant (équipondéré) recule de 0,8 % en un mois. Leur trésorerie les dispense d'emprunter, mais pas de subir un taux d'actualisation plus haut. Leur effort dans l'IA bute aussi sur une limite visible en Asie : ARM perd 13,4 % en sept jours alors que le TAIEX est au record, et Oracle investit 105 % de son chiffre d'affaires. Le CAC 40, −10,6 % depuis son record d'août, paie la prime française et le pétrole. Le VIX est à 14,84 le 9 octobre. Ce qui résiste : après les poussées de l'écart français, le CAC a plutôt fait mieux à trois mois (p = 0,045, fragile).

Lien avec la lecture du jourC'est par les actions, que les obligations ne couvrent plus, que le taux réel doit atteindre la demande américaine.

À surveillerS&P 500 équipondéré au-dessus de 222,77 $, son plus haut du 14 août ; résultats de LVMH le 12 octobre pour le CAC.

⬢Matières premièressous tension●●●●○

Le pétrole manque physiquement hors d'Amérique, et la pénurie gagne le gazole et le gaz

Pétrole Brent ($/baril)406080100120104,7Écart Brent – WTI ($/baril)−100102012,87juin 2025févr. 2026oct. 2026
Pétrole Brent ($/baril)406080100120104,7Écart Brent – WTI ($/baril)−100102012,87juin 2025févr. 2026oct. 2026

Pétrole Brent : dernier point le 9 oct. 2026 · Écart Brent – WTI : dernier point le 9 oct. 2026

Le choc d'origine est physique, et la Fed n'a aucune prise sur lui. En septembre, Ormuz a vu passer 94,2 % de navires de moins qu'en 2019. Les raffineurs paient le brut immédiatement disponible au-dessus des contrats à terme, et les fonds spéculatifs n'en détiennent en net que 1,46 % : la hausse vient des barils manquants. L'écart Brent-WTI, au centile 99,4, montre que les exportations américaines saturent. La pénurie gagne le gazole (marge de raffinage à 64,83 $), donc l'inflation de mercredi. Le gaz européen aborde l'hiver avec des stocks à 65,3 %, contre 77,2 % en 2022, sans prime d'hiver dans les prix. L'or, −5,5 % en un mois, suit le dollar. Ce qui nuance : une hausse de 30 % en trois mois n'a jamais prédit la suite.

Lien avec la lecture du jourLe pétrole est la source du fil : il pousse la Fed et le taux réel, sans que celui-ci puisse rien contre la pénurie.

À surveillerÉcart Brent-WTI sous 6 $ : le marché physique hors des États-Unis se serait détendu.

₿Cryptoneutre, suspendu au CPI●●○○○

Le bitcoin monte malgré le taux réel grâce aux ETF, mais le verdict de mercredi le concerne directement

Bitcoin (variations, $) × Dollar, indice DXY (variations)−1,0−0,50,00,51,02017202020232026−0,36bougent ensemble ↑en sens contraire ↓
Bitcoin (variations, $) × Dollar, indice DXY (variations)−1,0−0,50,00,51,02017202020232026−0,36bougent ensemble ↑en sens contraire ↓

Bitcoin (historique long raccordé) : dernier point le 11 oct. 2026 · Dollar (indice DXY) : dernier point le 9 oct. 2026 · zone grisée : 90 % de l'histoire de la relation

Le bitcoin, à 82 983 $, a pris 33,3 % en trois mois pendant que le taux réel montait vers son plus haut depuis 2008. Son acheteur est l'ETF (+1 954 M$ sur vingt jours), pas le levier : les positions ouvertes sur les contrats perpétuels reculent de 7,9 % sur la semaine. Ses variations quotidiennes suivent pourtant le dollar et les taux : sa corrélation à l'or est au centile 99, au dollar à −0,36, au 10 ans au centile 3. L'ether perd ses relais : les ETF vendent depuis neuf séances, et Strategy comme BitMine valent moins que leurs avoirs, si bien que leur boucle d'achat tourne à l'envers. Ce qui résiste : le levier est déjà purgé.

Lien avec la lecture du jourLa crypto résiste au fil en tendance, mais ses variations quotidiennes en dépendent, ce qui fait de l'inflation de mercredi un événement bitcoin.

À surveillerBitcoin sous sa moyenne des 200 dernières séances, environ 7,5 % plus bas, après l'inflation du mercredi 14 octobre, 14h30 (Paris).

◎Économie réellesous tension●●○○○

La consommation tient surtout par le patrimoine, et c'est le maillon le moins prouvé de la chaîne

S&P 500 (pts)2 0004 0006 0008 0007 812Taux de chômage américain (%)3,03,54,04,54,2020222023202420252026
S&P 500 (pts)2 0004 0006 0008 0007 812Taux de chômage américain (%)3,03,54,04,54,20202220242026

S&P 500 : dernier point le 9 oct. 2026 · Taux de chômage américain : dernier point le 1 sept. 2026

L'activité américaine résiste, et l'écart avec le moral des ménages est extrême. En août, les ventes au détail ont battu leur record à 646 Md$, quand le moral mesuré par l'université du Michigan tombait à 51,7, au centile 2. J'explique cet écart surtout par le patrimoine : en avril, les actions pesaient 48,2 % des actifs financiers des ménages, un record, et la dette sur marge progressait de 37,2 % sur un an en août. La preuve reste toutefois mince, car ces ventes sont en valeur, donc gonflées par l'essence, et la part des actions date de six mois. Le chômage, à 4,2 % en septembre, garde ouvert un autre canal de ralentissement.

Lien avec la lecture du jourC'est le bout de la chaîne : la demande tient surtout tant que la Bourse tient, ce qui fait des actions le canal principal, mais pas unique, de la Fed.

À surveillerChômage au-dessus de 4,5 % : le ralentissement passerait par l'emploi plutôt que par la Bourse.

Perspectives à 1-3 moisdes scénarios conditionnels, avec leur déclencheur observable — pas des prévisions
Le cœur des prix cède, la facture gagne la Bourse40 %

Le gazole commence à passer dans les prix hors énergie. La Fed confirme son chemin de hausses, le taux réel dépasse son niveau actuel, et la cote large, déjà fragile, entraîne cette fois les géants, faute de couverture obligataire et avec une volatilité à court terme vendue à bas prix.

DéclencheurInflation sous-jacente de septembre à 0,3 % ou plus sur un mois (mercredi 14 octobre, 14h30 (Paris)), puis taux réel 10 ans au-dessus de 2,87 %.

Ce qui bougeTaux : 10 ans et taux réel en hausse. Crédit : CCC encore plus larges, BBB mis à l'épreuve. Change : dollar soutenu, émergents sous pression. Actions : correction menée par l'équipondéré puis par les géants, semi-conducteurs asiatiques en première ligne. Matières : Brent tenu par la pénurie. Crypto : bitcoin sous sa moyenne de 200 séances. Macro : consommation freinée par l'effet richesse.

L'inflation anticipée se réveille20 %

Le scénario de queue. L'indice global dépasse les attentes, le marché cesse de croire que la Fed suffira, et la hausse des taux passe du taux réel à l'inflation anticipée. Obligations longues et actions baissent ensemble, et rien ne couvre plus un portefeuille diversifié.

DéclencheurInflation globale à 3,7 % ou plus sur un an (mercredi 14 octobre, 14h30 (Paris)) et 10 ans nominal qui monte plus vite que le taux réel 2,87 %.

Ce qui bougeTaux : 10 ans et 30 ans en hausse, point mort en hausse. Crédit : décompression qui gagne le haut rendement moyen. Change : dollar moins net, l'avantage de rendement étant rongé par l'inflation. Actions : baisse brutale, VIX à court terme qui rattrape son retard. Matières : or soutenu comme couverture. Crypto : bitcoin tiraillé entre son côté or et son côté actif risqué. Macro : moral des ménages encore plus bas.

Inflation sous-jacente sage : le taux réel plafonne et la hausse s'élargit40 %

C'est le scénario qui contredit ma lecture. Le pétrole gonfle l'indice global mais pas le cœur des prix, le taux réel redescend, les emprunteurs fragiles respirent et la cote large rejoint le record. Une réouverture d'Ormuz l'amplifierait, mais les dépêches de la semaine (un pétrolier touché, un blocus naval, des frappes sur Riyad) la rendent peu probable à court terme.

DéclencheurInflation sous-jacente à 0,2 % ou moins et S&P 500 équipondéré au-dessus de 222,77 $.

Ce qui bougeTaux : taux réel en repli. Crédit : CCC qui se stabilisent. Change : euro qui rebondit comme après les chocs français passés. Actions : hausse qui s'élargit, CAC en rattrapage si l'écart français plafonne. Matières : peu de changement, la cause reste physique. Crypto : bitcoin porté par le recul du dollar et des taux. Macro : consommation soutenue.

Le test du jource qui a suivi chaque épisode passé, comparé à tous les jours

Le S&P 500 bat des records avec un taux réel au plus haut depuis 2008 : un taux réel au sommet a-t-il déjà pesé sur les actions ?

épisodes33depuis 2003
médiane à 91 jours−0,7 %contre +3,6 % d'habitude
positif46 %contre 72 % d'habitude
verdictmoins bon que d'habitude (net)p = 0,001 (permutation)
−20%−10%0%10%20%signal+30 j+91 j+182 japrès le signaltous les jours
−20%−10%0%10%20%signal+91 j+182 japrès le signaltous les jours

Chaque trait fin = un épisode passé (entrée dans le signal, épisodes espacés d'au moins 30 jours) ; au-delà de 25 épisodes, une bande orange en montre la moitié centrale. Trait épais = leur médiane. Bande grise = la moitié centrale de TOUS les jours de la période, tirets = leur médiane : l'écart entre les deux est l'apport du signal. Signal : Taux réel 10 ans américain (TIPS) · règle « plus-haut 365 » · cible : S&P 500.

Depuis 2003, le taux réel américain a touché un plus haut sur un an lors de 34 épisodes espacés d'au moins 30 jours. Trois mois plus tard, le S&P 500 faisait en médiane −0,70 %, contre +3,58 % un jour quelconque, et n'était en hausse que dans 45,5 % des cas, contre 71,9 % d'habitude (p = 0,0007). À un mois, l'écart est plus fragile (p = 0,039). À six mois, il persiste (+2,28 % contre +6,28 %), mais l'indice reste positif dans 71 % des cas. La condition nominale, un 10 ans au-dessus de 5 %, est plus rare et plus sévère : −7,25 % à six mois contre +5,47 %, sur 10 épisodes seulement. Les deux conditions sont réunies aujourd'hui. Limites : les épisodes se regroupent en quelques cycles de hausse des taux, et les cas à 5 % sont des fins de cycle (2000, 2006-2007, 2023). Enfin, le test décrit le passé, pas la suite.

Le biais qu'il corrigeCroire qu'un S&P 500 au record prouve que la hausse des taux ne mord pas, ou qu'un seul seuil, nominal ou réel, suffit à lire le risque.

Autres horizons · 30 j : −0,1 % contre +1,4 % (moins bon que d'habitude (fragile)) · 182 j : +2,3 % contre +6,3 % (moins bon que d'habitude (net))

À surveillerles rendez-vous qui peuvent confirmer ou défaire ces lectures
Mes lectures précédenteschaque lecture portait la condition qui la ferait tomber ; relue ce matin

Hier, je lisais un tri des emprunteurs américains par l'argent à 5 %. La prime CCC confirme cette lecture : elle passe de 12,29 à 12,52 pt. J'écrivais aussi que l'Italie suivait déjà. C'est vrai sur le mois (+27,3 pb), mais son écart a reculé de 4,1 pb sur la semaine et reste bas dans son histoire. Surtout, j'avais eu tort d'opposer le seuil nominal de 5 % au taux réel : par le passé, les deux ont pesé sur le S&P 500.

Éditions précédentestoutes les éditions →
  1. samedi 10 octobre 2026L'argent à 5 % trie les emprunteurs américains ; la France paie sa propre prime et l'Italie suit déjà
  2. vendredi 9 octobre 2026Le Brent a bondi de 4,07 % jeudi, à 104,28 $, sur la crainte de frappes américaines contre l'Iran, avant de refluer ce matin quand Donald Trump les a écartées
  3. jeudi 8 octobre 2026Le dollar s'est maintenu tout en haut de sa fourchette d'un an mercredi, et le billet vert mesuré par le DXY a même touché un plus haut d'un an
  4. mercredi 7 octobre 2026Journée calme
  5. mardi 6 octobre 2026Le Nasdaq a signé lundi un plus haut d'un an à 27 477 points, au moment même où le rendement américain à dix ans grimpait à 5,31 %, son plus haut depuis mai…
  6. lundi 5 octobre 2026L'euro-dollar est tombé à 1,125 vendredi, à son plus faible niveau en douze mois, dans une séance qu'on ne voit qu'un jour sur quatorze
  7. samedi 3 octobre 2026L'économie américaine n'a créé que 29 000 emplois en septembre, loin des 89 000 attendus, et le chômage est remonté à 4,2 %
Ce rapport est informatif et éducatif. Une « lecture » y décrit ce que les données font converger et ce qui la démentirait ; un scénario est conditionnel ; un « test » dit ce qui a suivi des situations comparables par le passé, pas ce qui va se passer. Rien ici ne constitue un conseil en investissement, une recommandation ni une sollicitation d'achat ou de vente. Les marchés comportent un risque de perte en capital.

Données relevées le 11/10 à 16h00 · rédigé par Claude (Opus 5.5), dessiné par le site · Capital Antifragile · Mentions légales · Confidentialité