CAPITAL ANTIFRAGILE
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Le Marché ce matin·lundi 12 octobre 2026journée calme

Le taux réel a effacé la diversification : l'inflation de mercredi frappera le portefeuille d'un seul coup

Toute la hausse du 10 ans américain sur un an vient du taux réel, à 2,87 %, un sommet depuis 2008. Au jour le jour, actions et obligations baissent ensemble : les tendances divergent encore, mais un même choc les toucherait toutes. L'inflation de mercredi peut être ce choc, et le risque pétrolier penche à la hausse.
horizon · 1 à 3 moisconviction · ●●●○○

Lecture établie à partir de 8 069 séries de tous les onglets du site et de 46 séries de référence vérifiées à jour, fouillées par quatre desks (taux-crédit-change, actions, matières et économie réelle, crypto), confrontées à 25 tests historiques, puis relues par un critique · données relevées le 12/10 à 08h00

La lecture du jour

Je lis un prix au centre : le taux réel américain, rendement d'une obligation protégée contre l'inflation (TIPS), c'est-à-dire le coût de l'argent hors hausse des prix. Il atteint 2,87 %, au plus haut depuis 2008, et a pris 1,09 pt en un an, exactement comme le 10 ans nominal (+1,09 pt). C'est cette égalité, pas une corrélation, qui montre que toute la hausse vient du taux réel : l'inflation attendue, différence entre les deux, n'a pas bougé malgré un Brent à 104,72 $. Le 2 ans monte un peu plus (+1,17 pt) et les futures intègrent 62,5 pb de hausses d'ici avril 2027 : le marché croit la Fed. La pente 2-10 ans, stable à 0,44 pt, n'exclut pas une prime de terme (le supplément exigé pour prêter long) élevée, mais n'en montre aucune hausse.

Ce régime a supprimé la diversification au jour le jour. Le S&P 500 baisse quand le 10 ans monte (−0,46, centile 1 depuis 2000, contre +0,28 d'habitude), et l'ETF d'obligations longues TLT ne le couvre plus (+0,37, centile 98). L'euro baisse désormais avec la dette française (−0,28 contre −0,06 d'habitude), et le bitcoin réagit au taux réel comme presque jamais (−0,26, centile 2). Les tendances, elles, divergent encore : sur un mois, le taux réel a pris 0,44 pt pendant que le S&P 500 battait un record et que le bitcoin gagnait 8,3 %. Le danger n'est pas une dérive commune, c'est un choc commun.

Ce choc a une date. Mercredi, l'inflation de septembre est attendue à 0,6 % sur un mois, mais à 0,2 % hors énergie et alimentation. À 0,3 % ou plus, l'inflation attendue cesserait de servir d'ancre et monterait avec le taux réel : actions, obligations, crédit fragile et bitcoin prendraient le même coup le même jour, alors que la volatilité à six mois se vend au centile 2 de l'année. Seuls le pétrole (+0,57 avec le 10 ans nominal) et, par l'écart de taux habituel, le dollar montent avec les taux.

Deux résultats nuancent la lecture. Pour les actions, le seuil nominal compte plus que le taux réel : un 10 ans au-dessus de 5 % a précédé une médiane de −3,37 % à 91 jours contre +3,08 % d'habitude, sur 10 entrées et peu de régimes. Pour les obligations, un taux réel extrême a plutôt annoncé un rebond à six mois, sur 9 épisodes seulement. L'or réagit au 10 ans comme toujours (−0,19, centile 51) : c'est le bitcoin qui a changé.

L'angle mortLe déport du pétrole (les livraisons lointaines coûtent moins cher que l'immédiat, ici 19 % sur un an) dit que la rareté se paie maintenant, pas qu'elle disparaîtra. Sans réserve stratégique (au plus bas depuis 1982, 282,98 M barils), avec des gérants à peine acheteurs (1,46 % de l'intérêt ouvert) et des stocks de gazole au centile 5,6, un incident dans le Golfe comme l'attaque de Riyadh ramènerait le Brent vers sa moyenne de septembre (116,8 $) sans spéculateurs à purger. Ce serait une relance de l'inflation juste après une hausse de la Fed, et l'Europe y ajouterait un hiver gazier sans prime, avec des stocks à 65,5 % contre 77,2 % en moyenne.

Ce qui ferait tomber cette lectureSi la corrélation entre obligations longues et S&P 500 repasse sous 0, la diversification serait revenue et ma lecture tomberait. Une inflation attendue qui se met à monter, ou une pente 2-10 ans au-dessus de 0,8 pt, la nuancerait aussi : la hausse ne passerait plus par le seul taux réel.

Comment tout se tientla chaîne de transmission du jour : chaque flèche est un mécanisme, chaque boîte un marché
MATIÈRES PREMIÈRESChoc pétrolierd'Ormuz104,72 $TAUX ET DETTESPoint mort ancré≈ 2,35 %TAUX ET DETTESTaux réel 10 ans US2,87 %ACTIONSActions sanscouverturecorr. −0,46CRÉDITPrime CCC12,52 ptTAUX ET DETTESPrime française138 pbCHANGEEuro face au dollar1,1213 $MATIÈRES PREMIÈRESOr inchangécorr. −0,19CRYPTOBitcoin, or à leviercorr. 0,5212345678910
MATIÈRES PREMIÈRESChoc pétrolierd'Ormuz104,72 $TAUX ET DETTESPoint mort ancré≈ 2,35 %TAUX ET DETTESTaux réel 10 ans US2,87 %ACTIONSActions sanscouverturecorr. −0,46CRÉDITPrime CCC12,52 ptTAUX ET DETTESPrime française138 pbCHANGEEuro face au dollar1,1213 $MATIÈRES PREMIÈRESOr inchangécorr. −0,19CRYPTOBitcoin, or à leviercorr. 0,5212345678910
  1. 1Choc pétrolier d'Ormuz → Taux réel 10 ans US : inflation globale, hausses Fed intégrées
  2. 2Point mort ancré → Taux réel 10 ans US : ancrage : la hausse passe par le réel
  3. 3Choc pétrolier d'Ormuz → Point mort ancré : gazole : menace de second tour
  4. 4Taux réel 10 ans US → Actions sans couverture : actualisation chère, obligation sans couverture
  5. 5Taux réel 10 ans US → Prime CCC : refinancement fermé aux signatures fragiles
  6. 6Taux réel 10 ans US → Prime française : relève le coût marginal d'une prime nationale
  7. 7Prime française → Euro face au dollar : risque souverain passé dans la devise
  8. 8Taux réel 10 ans US → Euro face au dollar : écart de taux États-Unis–Allemagne
  9. 9Taux réel 10 ans US → Bitcoin, or à levier : coût de détention sans rendement
  10. 10Or inchangé → Bitcoin, or à levier : même demande d'actifs hors État

Liseré orange = marché sous tension · vert = en détente · gris = neutre. L'épaisseur d'une flèche dit la force du lien. Les chiffres et leurs sources sont dans la lecture et dans chaque marché ci-dessous.

Marché par marchéchaque marché expliqué, et rattaché à la lecture du jour
%Taux et dettessous tension●●●○○

Le 10 ans monte par le taux réel, et la prime française vient de Paris, pas du coût mondial de l'argent

Taux 10 ans américain nominal (%)02465,22Taux réel 10 ans américain TIPS (%)−20242,87202220242026
Taux 10 ans américain nominal (%)02465,22Taux réel 10 ans américain TIPS (%)−20242,87202220242026

Taux 10 ans américain : dernier point le 8 oct. 2026 · Taux réel 10 ans américain (TIPS) : dernier point le 8 oct. 2026

Le 10 ans américain et le taux réel ont pris chacun 1,09 pt en un an : l'inflation attendue est restée immobile malgré des prix en hausse de 3,4 % sur un an en août. En Europe, la prime française est nationale : l'écart avec l'Allemagne est passé de 111,6 à 140,6 pb entre le 28 septembre et le 1er octobre, Bund immobile (+0,01 pt sur un mois), sur fond de gel des retraites contesté. Le taux réel ne l'a pas créée, il en relève le prix : la France emprunte à 4,87 % à la marge pour un coût moyen de 1,74 %. La Belgique, au centile 99,8, souffre plus que l'Espagne (63,6 pb) : c'est le cœur endetté qui paie. Ce qui résiste : une pente plate n'exclut pas une prime de terme élevée, elle n'en montre seulement pas de hausse.

Lien avec la lecture du jourC'est le nœud de la chaîne : le taux réel porte la hausse, et la France montre ce qu'il coûte à un émetteur déjà fragilisé par sa politique.

À surveillerUn écart italien qui monte plus vite que la moitié de l'écart français (bêta, ou sensibilité, au-delà de 0,55) : le risque local deviendrait systémique.

◆Créditsous tension●●●●○

Le crédit se fracture par la qualité, et la prime des CCC commence à se changer en défauts

Écart des obligations CCC américaines (pt)6810121412,52Écart des obligations BBB américaines (pt)0,81,01,21,51,81,02oct. 2024oct. 2025oct. 2026
Écart des obligations CCC américaines (pt)6810121412,52Écart des obligations BBB américaines (pt)0,81,01,21,51,81,02oct. 2024oct. 2025oct. 2026

Prime de risque des obligations CCC américaines (OAS) : dernier point le 8 oct. 2026 · Prime de risque des obligations BBB américaines (OAS) : dernier point le 8 oct. 2026

Le mécanisme est un mur de refinancement, pas une récession. À 5,24 % de taux sans risque, une signature BBB se finance encore ; une signature CCC doit payer plus qu'elle ne gagne. La prime CCC a pris 4,33 pt en un an jusqu'à 12,52 pt, la prime BBB 0,07 pt seulement : le rapport entre les deux passe d'environ 8,6 à 12,3 fois. Ce n'est pas qu'un mouvement d'humeur : les défauts américains atteignaient 5,3 % en août contre 5,0 % en juillet, quand Moody's attendait 4,3 % en décembre. Ce qui résiste : au jour le jour, les deux primes varient toujours ensemble (+0,56, centile 36), et la mesure de stress de la Fed (GZ spread) était au centile 4,4 en juillet.

Lien avec la lecture du jourLe crédit fragile paie le niveau du taux réel plus que ses variations : la prime se transforme lentement en pertes réelles.

À surveillerLa prime BBB au-dessus de 1,3 pt : la fracture par qualité deviendrait un élargissement général.

⇄Changedollar haussier, euro sou…●●●○○

Le dollar suit l'écart de taux comme d'habitude, l'euro paie en plus la dette française, le yen se décroche

Euro en dollars (EUR/USD, $)1,01,11,21,12Écart France – Allemagne à 10 ans (pb)50100150138,0juin 2025févr. 2026oct. 2026
Euro en dollars (EUR/USD, $)1,01,11,21,12Écart France – Allemagne à 10 ans (pb)50100150138,0juin 2025févr. 2026oct. 2026

Euro en dollars (EUR/USD) : dernier point le 9 oct. 2026 · Écart France – Allemagne à 10 ans : dernier point le 9 oct. 2026

Le dollar monte pour une raison banale : les taux américains grimpent pendant que le Bund ne bouge pas, et sa corrélation avec le 10 ans (+0,31, centile 61) n'a rien d'exceptionnel. La nouveauté est l'euro : il baisse quand l'écart français s'élargit (−0,28, centile 12, contre −0,06 d'habitude). Le yuan refuse de suivre, la banque centrale chinoise fixant son cours au plus fort depuis février 2023. Le yen ne suit plus les taux américains (−0,08, centile 11) et dépend du marché japonais, dont la donnée date d'août (2,94 %) ; à son 95e centile, le dollar-yen a prolongé sa hausse (+3,85 % à 91 jours) avec un pire cas de −17,4 %. Ce qui résiste : le test sur l'écart français et l'euro n'est pas significatif (p=0,41).

Lien avec la lecture du jourLe change n'a pas de gagnant propre au taux réel : le dollar profite de l'écart de taux habituel, l'euro porte en plus la prime française.

À surveillerUn DXY repassé sous 100 malgré une Fed qui monte trahirait une défiance envers les actifs américains.

▲Actionssous tension●●●○○

Les actions ne sont plus couvertes par l'obligation, et leur calme repose sur une volatilité vendue au rabais

−20%−10%0%10%20%signal+91 j+182 japrès le signaltous les jours
−20%−10%0%10%20%signal+91 j+182 japrès le signaltous les jours

Taux 10 ans américain : dernier point le 8 oct. 2026 · S&P 500 : dernier point le 9 oct. 2026

Le S&P 500 baisse quand le 10 ans monte (−0,46, centile 1) et l'obligation longue baisse avec lui (+0,37, centile 98). Seul le 10 ans au-dessus de 5 % a précédé de mauvais trimestres (−3,37 % à 91 jours contre +3,08 %). Le record tient à sept géants qui pèsent 38,3 % de l'indice, +2,8 pt en douze semaines, quand leurs fournisseurs fléchissent (Arm −13,4 % en une semaine), premier signe possible d'un plafonnement des 510,6 Md$ investis. Le calme est fabriqué : volatilité à six mois au centile 2, ventes de futures VIX record, protection contre un krach au centile 94,8. Une surprise d'inflation forcerait des rachats concentrés. Ce qui résiste : les teneurs de marché amortissent les écarts jusqu'à 7 900, et la décote du CAC est déjà dans le prix (p=0,29).

Lien avec la lecture du jourLes actions sont la part la plus lourde du choc commun : sans couverture obligataire, une surprise d'inflation les toucherait en même temps que les obligations.

À surveillerL'équipondéré au-dessus de 222,77 $ montrerait une hausse qui s'élargit malgré les taux.

⬢Matières premièressous tension●●●●○

Le pétrole fait payer sa rareté maintenant et son risque penche à la hausse, le gaz européen entre dans l'hiver sans prime

Pétrole Brent ($/baril)406080100120103,5Gaz naturel européen TTF (€/MWh)2040608010081,43juin 2025févr. 2026oct. 2026
Pétrole Brent ($/baril)406080100120103,5Gaz naturel européen TTF (€/MWh)2040608010081,43juin 2025févr. 2026oct. 2026

Pétrole Brent : dernier point le 12 oct. 2026 · Gaz naturel européen (TTF) : dernier point le 9 oct. 2026

Ormuz presque fermé retire du brut transporté par mer, si bien que le Brent (104,72 $ vendredi) cote très au-dessus du WTI américain (90,47 $). Son déport (76,29 $ pour décembre 2028) dit que la rareté se paie maintenant, pas qu'elle disparaîtra ; sans stock public ni spéculateurs à purger, le risque penche à la hausse. Le lien avec les taux est simultané, pas prédictif : 37 hausses d'au moins 20 % n'ont rien annoncé de plus que le hasard. Le gaz européen entre dans l'hiver rempli à 65,5 % contre 77,2 % en moyenne, décembre coté sous novembre (80,365 € contre 81,38 €) : aucune prime d'hiver. Le cuivre suit l'or (+0,56, centile 87), échéance lointaine plus chère de 5,5 % : un métal monétaire. Ce qui résiste : le stockage de gaz inclut l'Ukraine.

Lien avec la lecture du jourLe pétrole est la source du choc et, avec le dollar, l'un des seuls actifs qui montent avec les taux ; son risque de hausse est ce que le chemin de la Fed ignore.

À surveillerUn Brent sous 95 $ avec Ormuz toujours fermé : la demande absorberait le choc d'offre.

₿Cryptohaussier sous tension●●●○○

Le bitcoin reste lié aux actions mais s'est ajouté une sensibilité monétaire : un or à levier, pas un clone

Bitcoin ($) × Or ($/once)−1,0−0,50,00,51,0oct. 2024oct. 2025oct. 2026+0,50bougent ensemble ↑en sens contraire ↓
Bitcoin ($) × Or ($/once)−1,0−0,50,00,51,0oct. 2024oct. 2025oct. 2026+0,50bougent ensemble ↑en sens contraire ↓

Bitcoin : dernier point le 12 oct. 2026 · Or : dernier point le 12 oct. 2026 · zone grisée : 90 % de l'histoire de la relation

Le bitcoin, à 83 897 $, garde un lien avec les actions (0,42, contre 0,53 il y a un an), mais s'est ajouté une sensibilité monétaire inédite : corrélation de 0,52 avec l'or (centile 99), de −0,36 avec le dollar (centile 6) et de −0,26 avec le taux réel (centile 2, sur 90 jours au 6 octobre). Il amplifie l'or sans le copier : +8,3 % sur un mois quand l'or perd 4,3 %. Le levier ne mène pas la hausse : positions ouvertes +18,8 % en trois mois contre 28,9 % pour le prix sur 90 jours. Ce qui résiste : l'ether perd ses soutiens, avec 9 séances de sorties d'ETF et des stablecoins sur son réseau en recul de 8,5 % sur un an.

Lien avec la lecture du jourLe bitcoin est la version la plus sensible du choc commun : un taux réel qui monte le frappe, et son lien aux actions l'empêche d'y échapper.

À surveillerUn passage sous la moyenne 200 jours, vers 73 100 $ : la demande d'actif monétaire ne compenserait plus le taux réel.

◎Économie réellestagflationniste●●●○○

L'Amérique encaisse l'énergie par les prix, pas encore par l'emploi, et le gazole menace l'ancre

Pétrole Brent ($/baril)406080100120103,5Taux de chômage américain (%)3,54,04,54,20avr. 2024oct. 2024avr. 2025oct. 2025avr. 2026oct. 2026
Pétrole Brent ($/baril)406080100120103,5Taux de chômage américain (%)3,54,04,54,20oct. 2024oct. 2025oct. 2026

Pétrole Brent : dernier point le 12 oct. 2026 · Taux de chômage américain : dernier point le 1 sept. 2026

Le choc pétrolier passe par les prix : l'inflation attendue mercredi à +0,6 % sur un mois contre +0,2 % hors énergie et alimentation décrit un choc énergétique pur. L'essence devrait culminer avec septembre, le Brent ayant moyenné 116,8 $ ce mois-là contre 104,72 $ vendredi. Le relais viendrait du gazole, aux stocks au centile 5,6, qui passe par les coûts de transport dans le prix des biens : c'est lui qui pourrait faire monter l'inflation attendue, le maillon qui protège encore la chaîne. L'emploi tient, avec un chômage à 4,2 % en septembre, mais le moral des ménages était au centile 2 en août. Ce qui résiste : sans détail du CPI par composante, le pic de l'essence se déduit des prix de marché.

Lien avec la lecture du jourL'économie réelle décide si l'inflation attendue reste ancrée, condition pour que le taux réel porte seul la hausse.

À surveillerUne inflation hors énergie à 0,3 % ou plus mercredi enclencherait l'effet de second tour.

Perspectives à 1-3 moisdes scénarios conditionnels, avec leur déclencheur observable — pas des prévisions
La hausse reste propre45 %

L'inflation globale culmine avec le chiffre de septembre, l'inflation sous-jacente reste sage et l'inflation attendue ne bouge pas. La consommation tient. Le taux réel plafonne près de son sommet et la Fed garde le chemin que les futures lui prêtent. Le régime de choc commun dure sans se déclencher : les tendances continuent de diverger, la couverture obligataire reste absente.

DéclencheurInflation hors énergie à 0,2 % ou moins le mercredi 14 octobre, puis ventes au détail hors automobile positives et inscriptions au chômage sous 220 000 le jeudi 15 octobre.

Ce qui bougeTaux : taux réel sous 3 %, pente plate. Crédit : CCC toujours sous pression, BBB calme. Change : dollar ferme, euro faible tant que l'écart français dépasse 120 pb. Actions : indice tenu par ses géants, équipondéré à la traîne. Matières : Brent soutenu par Ormuz, déport profond. Crypto : bitcoin suspendu au taux réel, ether fragile. Macro : emploi stable, moral bas.

Le second tour par le gazole30 %

Le gazole, aux stocks très bas, passe dans les coûts de transport puis dans le prix des biens. L'inflation sous-jacente accélère et l'ancre cède : l'inflation attendue monte en plus du taux réel, et le 10 ans grimpe par ses deux composantes. C'est le choc commun : actions et obligations baissent ensemble, la volatilité vendue au rabais doit être rachetée, et le stress du crédit remonte vers les meilleures signatures.

DéclencheurInflation hors énergie à 0,3 % ou plus le mercredi 14 octobre, confirmée par des prix à la production au-dessus de 0,5 % le jeudi 15 octobre.

Ce qui bougeTaux : taux réel au-dessus de 3 %, 10 ans plus haut. Crédit : CCC au-delà de 13 pt, BBB qui s'écarte. Change : dollar plus fort, euro et yen sous pression. Actions : baisse générale, géants compris. Matières : Brent et gazole fermes. Crypto : bitcoin et ether frappés en premier. Macro : Fed poussée à monter plus vite.

La sortie par la croissance25 %

C'est le scénario qui contredit ma lecture. Le moral au plus bas finit par toucher la consommation, l'essence reflue et les futures retirent des hausses. Le taux réel baisse, mais pour une mauvaise raison : les obligations longues montent pendant que les actions et le crédit fragile ne suivent pas. Le lien entre actions et obligations redevient négatif, et la diversification revient.

DéclencheurInflation hors énergie à 0,2 % ou moins le mercredi 14 octobre, puis ventes au détail hors automobile à 0 % ou moins et inscriptions au chômage au-dessus de 220 000 le jeudi 15 octobre, avec un taux réel repassé sous 2,6 %.

Ce qui bougeTaux : obligations longues en hausse, le 2 ans baissant plus vite que le 10 ans. Crédit : CCC toujours larges, les défauts prennent le relais. Change : dollar en repli, euro soulagé. Actions : équipondéré et petites valeurs en baisse, géants plus solides. Matières : Brent plus bas si la demande cède, or soutenu. Crypto : bitcoin partagé entre le canal des taux, favorable, et celui des actions, défavorable. Macro : chômage qui remonte vers 4,5 %.

Le test du jource qui a suivi chaque épisode passé, comparé à tous les jours

Le taux réel américain est au plus haut depuis 2008 : les obligations longues ont-elles déjà rebondi après un tel niveau ?

épisodes9depuis 2003
médiane à 91 jours+2,5 %contre +0,2 % d'habitude
positif78 %contre 52 % d'habitude
verdictrien de plus que le hasardp = 0,349 (permutation)
−10%−5%0%5%10%15%signal+30 j+91 j+182 japrès le signaltous les jours
−10%−5%0%5%10%15%signal+91 j+182 japrès le signaltous les jours

Chaque trait fin = un épisode passé (entrée dans le signal, épisodes espacés d'au moins 30 jours) ; au-delà de 25 épisodes, une bande orange en montre la moitié centrale. Trait épais = leur médiane. Bande grise = la moitié centrale de TOUS les jours de la période, tirets = leur médiane : l'écart entre les deux est l'apport du signal. Signal : Taux réel 10 ans américain (TIPS) · règle « centile>=95 » · cible : obligations américaines longues (ETF TLT).

Quand le taux réel 10 ans est passé au-dessus de son 95e centile, l'ETF d'obligations longues TLT a gagné 6,36 % en médiane à 182 jours, contre −0,04 % pour l'ensemble des jours, et il était positif dans 77,8 % des cas. Mais l'échantillon ne compte que 9 épisodes et la probabilité d'un pur hasard vaut 0,0685 : le résultat est fragile, et à 30 jours il ne se distingue pas du hasard. Ce test ne dit rien des actions : pour elles, c'est le 10 ans nominal au-dessus de 5 % qui a précédé des trimestres médiocres. Historiquement, la sortie d'un taux réel extrême a donc profité aux obligations ; rien ne montre qu'elle profiterait à tous les actifs à la fois.

Le biais qu'il corrigeL'extrapolation : croire qu'un taux qui bat des records va continuer de monter, et que sa détente profiterait à tous les actifs à la fois.

Autres horizons · 30 j : −0,7 % contre 0,0 % (rien de plus que le hasard) · 182 j : +6,4 % contre −0,0 % (meilleur que d'habitude (fragile))

À surveillerles rendez-vous qui peuvent confirmer ou défaire ces lectures
Mes lectures précédenteschaque lecture portait la condition qui la ferait tomber ; relue ce matin

Les deux lectures suivies tiennent (prime CCC passée de 12,29 à 12,52 pt, équipondéré toujours sous son plus haut annuel), et je garde celle du 10 octobre sur les actions : le seuil nominal de 5 % reste leur seul prédicteur mesuré. Je corrige en revanche deux autres pistes du 10 octobre : l'euro baisse désormais aussi avec la dette française (−0,28 contre −0,06 d'habitude), et le bitcoin suit un taux réel de politique monétaire, pas une prime de terme ; le dollar, lui, ne montre rien de propre au taux réel (+0,31, centile 61), comme je l'écrivais le 11 octobre.

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  2. samedi 10 octobre 2026L'argent à 5 % trie les emprunteurs américains ; la France paie sa propre prime et l'Italie suit déjà
  3. vendredi 9 octobre 2026Le Brent a bondi de 4,07 % jeudi, à 104,28 $, sur la crainte de frappes américaines contre l'Iran, avant de refluer ce matin quand Donald Trump les a écartées
  4. jeudi 8 octobre 2026Le dollar s'est maintenu tout en haut de sa fourchette d'un an mercredi, et le billet vert mesuré par le DXY a même touché un plus haut d'un an
  5. mercredi 7 octobre 2026Journée calme
  6. mardi 6 octobre 2026Le Nasdaq a signé lundi un plus haut d'un an à 27 477 points, au moment même où le rendement américain à dix ans grimpait à 5,31 %, son plus haut depuis mai…
  7. lundi 5 octobre 2026L'euro-dollar est tombé à 1,125 vendredi, à son plus faible niveau en douze mois, dans une séance qu'on ne voit qu'un jour sur quatorze
Ce rapport est informatif et éducatif. Une « lecture » y décrit ce que les données font converger et ce qui la démentirait ; un scénario est conditionnel ; un « test » dit ce qui a suivi des situations comparables par le passé, pas ce qui va se passer. Rien ici ne constitue un conseil en investissement, une recommandation ni une sollicitation d'achat ou de vente. Les marchés comportent un risque de perte en capital.

Données relevées le 12/10 à 08h00 · rédigé par Claude (Opus 5.5), dessiné par le site · Capital Antifragile · Mentions légales · Confidentialité